Isshaq Ismail’s paintings confront the viewer with faces that resist expectation—eyes that wander, mouths that shift, features that collide. These are not portraits of individuals but visible states of mind: vulnerability, tension, desire, and unease. Working in acrylic, Ismail moves between thick, sculptural impasto and flattened, iconic forms, guided by what he calls ‘infantile semi-abstraction’—a direct, instinctive approach that prioritizes emotion over finish. Drawing from children’s drawings, cartoons, and folk imagery, his figures hover between the familiar and the unsettling, while color and materiality generate a physical, tactile tension. Rooted in Accra yet globally resonant, Ismail’s work demands recognition, asserting that imperfection and distortion can reveal deeper truths.
Les peintures d’Isshaq Ismail confrontent le spectateur à des visages qui refusent de se comporter. Les yeux apparaissent à des échelles différentes, les bouches s’étirent ou se figent dans des expressions ambiguës, et les traits se heurtent plutôt que de s’aligner. Il ne s’agit pas de portraits d’individus, mais d’états psychologiques rendus visibles : vulnérabilité, tension, désir et malaise traduits par la distorsion.
Travaillant principalement à l’acrylique sur toile, Ismail considère la peinture comme une substance physique. Dans certaines œuvres, un empâtement épais crée des surfaces sculpturales où des blocs de couleur se pressent les uns contre les autres avec force tactile. Dans d’autres, l’image est aplatie dans une simplicité graphique, le visage réduit à une forme presque iconique. Dans les deux approches, on retrouve ce que l’artiste décrit comme une semi-abstraction infantile : un rejet délibéré du fini académique au profit de la spontanéité, de l’instinct et de la clarté émotionnelle.
S’inspirant du langage visuel des dessins d’enfants, des bandes dessinées et de l’imagerie populaire, les figures d’Ismail oscillent entre le familier et le troublant. Les visages se scindent, les yeux regardent dans des directions opposées, les bouches oscillent entre parole et silence. Ces distorsions ne visent pas à choquer ; elles expriment des corps sous pression — psychologique, sociale et existentielle — maintenus par le geste et la couleur plutôt que par la ressemblance.
La couleur joue un rôle actif dans cette tension. Les rouges, pourpres, verts, bleus et noirs sont appliqués en champs confiants et non mélangés qui se heurtent plutôt que de se fondre. Le résultat est une friction visuelle : la peinture se ressent physiquement avant d’être interprétée. La matérialité et l’immédiateté priment sur la narration.
Ancré à Accra mais résonnant à l’échelle mondiale, le travail d’Ismail insiste sur la présence. Ses figures ne demandent ni sympathie ni résolution ; elles exigent reconnaissance. Dans leur maladresse, leur distorsion et leur refus de la beauté idéalisée, elles affirment que l’imperfection peut être une forme d’honnêteté — et que la vérité émerge souvent là où la forme se désagrège.
