Samuel Oseigyei Kumah

J’utilise le bleu dans mes peintures pour défendre l’unité et l’harmonie, combler le fossé entre les différentes carnations et aborder les questions du racisme.

 

Les peintures de Samuel Oseigyei Kumah proposent une simplicité radicale : au-delà des différences de surface, l’humanité est partagée. En représentant ses figures dans des nuances saturées de bleu, Kumah s’éloigne volontairement des carnations naturalistes afin de dissoudre les codifications raciales et de recentrer l’attention sur l’émotion, la présence et l’intimité relationnelle. Le bleu, dans son œuvre, n’est pas une absence : il est un point de convergence, un espace chromatique où la différence cède la place à la communauté.

 

Formé au Ghanatta College of Arts and Design après plusieurs années d’apprentissage informel, Kumah apporte une rigueur technique à des compositions qui demeurent émotionnellement directes. Ses figures évoluent souvent dans des espaces peu profonds et épurés — debout seules, réunies par une connexion silencieuse, ou rassemblées sous des parapluies qui fonctionnent à la fois comme abri réel et seuil symbolique. Ces scènes ne sont pas théâtrales ; elles sont des suspensions délibérées. Le geste, la posture et le regard portent davantage de sens que le récit.

Dans l’ensemble de l’œuvre, le parapluie apparaît comme un emblème de protection, d’unité et de vulnérabilité partagée. Les couples se rapprochent l’un de l’autre ; les figures solitaires affrontent le regard avec calme plutôt qu’avec défi. Les peintures refusent le spectaculaire au profit de la clarté. En limitant la gamme chromatique et en mettant la forme au premier plan, Kumah crée des images immédiatement lisibles tout en restant conceptuellement insistantes.

 

La pratique de Kumah est animée par un engagement envers l’harmonie sociale. Abordant le racisme, la discrimination et l’injustice sans illustration ni accusation, son travail opère par substitution : des corps bleus à la place de corps racialisés, l’intimité à la place du conflit, l’immobilité à la place de la rupture. Il en résulte un langage visuel qui défend l’égalité non comme un slogan, mais comme une condition vécue — discrète, résolue et profondément humaine.