Les peintures de Rafiy Okefolahan explorent la tension entre abstraction et figuration, utilisant l’impasto, l’intensité chromatique et le geste pour transmettre la mémoire collective. Ancré dans la vie communautaire ouest-africaine et la cosmologie vaudou, son travail considère le corps comme un lieu de résistance, de mouvement et d’histoire partagée.
Dans les peintures de Rafiy Okefolahan, les figures émergent de tempêtes denses de pigment — non pas comme des portraits, mais comme des porteurs de mémoire collective. Construite à travers un impasto épais, des collisions chromatiques abruptes et un geste urgent, son œuvre maintient une tension productive entre figuration et abstraction, où les corps apparaissent, se dissolvent et se recomposent au sein d'une même toile.
Ancrée dans l'expérience vécue plutôt que dans la représentation, la pratique d'Okefolahan engage la vie communautaire ouest-africaine, le rituel et le travail comme conditions d'existence. Le mouvement, l'endurance et la transmission parcourent l'ensemble de l'œuvre : danseurs suspendus dans des champs de couleur saturée, figures immergées dans des états sensoriels plutôt que dans des paysages, corps portant un poids — physique et symbolique — sans s'effondrer.
Les figures animales, en particulier les coqs, fonctionnent comme des présences liminaires au sein d'une cosmologie marquée par le Vodoun — ni anecdotiques ni décoratives, mais intermédiaires entre les royaumes humain, spirituel et écologique. La couleur opère à la fois comme force émotionnelle et insistance politique : les magentas saturés, les céruléens et les oranges incandescents affirment la vitalité face à l'effacement et le refus face à la simplification.
Se décrivant comme un « messager du peuple », Okefolahan conçoit la peinture comme transmission — là où le geste personnel rencontre l'histoire collective. Ses toiles demeurent résolument humaines : volatiles, tendres et attentives à ce qui risque de disparaître, et à ce qui exige encore le soin.
