Mon rôle en tant qu’artiste dépasse l’atelier. À travers des initiatives comme Elowa et La Grande Place, je considère l’art comme un outil de rencontre — entre générations, géographies et disciplines — capable de nourrir à la fois la création et la conscience collective.
Rafiy Smith Okefolahan (né en 1979 à Porto-Novo, Bénin) est un artiste plasticien dont la pratique traverse la peinture, la sculpture, l'installation, la photographie et la performance. Basé à Paris, il maintient des liens étroits avec le Bénin, où s'enracine une grande partie de son engagement artistique et culturel.
Il s'est formé dans les ateliers d'artistes confirmés avant d'étudier à l'École Nationale des Arts de Dakar (2005–2006). Des résidences formatrices à la Cité Internationale des Arts de Paris (2007) et au programme Asiko à Dakar (2014) ont façonné son approche interdisciplinaire. Depuis les années 2010, son travail a été largement exposé en Afrique, en Europe et aux États-Unis, avec des expositions personnelles à la Galerie Lazarew (Paris), à l'Institut Français de Cotonou, à Open Art Exchange (Pays-Bas) et au SCAD Museum of Art (Atlanta). Ses œuvres figurent dans des collections publiques et privées.
Ses peintures allient le geste expressionniste à une imagerie puisée dans les traditions spirituelles ouest-africaines, le travail quotidien et le rituel collectif. Sous leur intensité chromatique se déploie un projet critique soutenu, interrogeant l'industrialisation effrénée, la dégradation environnementale, les inégalités sociales et l'érosion de la mémoire collective.
Parallèlement à sa pratique artistique, Okefolahan est un organisateur culturel engagé. En 2008, il a fondé l'association Elowa pour favoriser les échanges interculturels entre artistes de France et du Bénin.
En 2019, il a créé La Grande Place à Porto-Novo, un centre culturel dédié aux résidences, aux expositions et à la formation professionnelle des jeunes praticiens, dont il assure la direction artistique.
Ses projets récents témoignent de son engagement croissant envers la conscience environnementale, notamment l'initiative de 2023 Danser, illustrer et inventer l'environnement des berges lagunaires et sa participation à MIACE, un collectif de recherche examinant l'impact de l'art sur la conscience écologique. En 2025, son projet d'art public ORIGINES, centré sur les questions d'identité, a reçu le premier prix et un financement du Fonds de Développement des Arts et de la Culture du Bénin.
