Dans les peintures de William Bakaimo, la transformation n’est pas symbolique : elle est survie. Les formes humaines, animales et spirituelles se fondent en présences hybrides façonnées par l’endurance et le devenir continu. Puisant dans la cosmologie ouest-africaine, la mémoire et les réalités contemporaines camerounaises, son travail accumule symboles, textes et couleurs pour créer un langage mutable de résilience. Ces peintures sont vivantes, instables et alertes : des espaces où l’identité se renégocie en permanence.
William Bakaimo
Les peintures de William Bakaimo habitent un monde où la transformation n'est pas symbolique, mais nécessaire. Les figures humaines fusionnent avec les animaux, les esprits et les signes, formant des présences hybrides façonnées par l'endurance, l'adaptation et le devenir continu. Puisant dans la cosmologie ouest-africaine, la mémoire personnelle et les réalités camerounaises contemporaines, son œuvre résiste à la fois à la documentation et à la nostalgie.
Travaillant à l'acrylique et à l'encre, Bakaimo construit ses images par accumulation — contours affirmés, champs de couleur translucides, symboles graphiques et fragments de texte qui apparaissent et s'effacent. Des éléments récurrents tels que les lézards, les clés, les dés et les cavaliers couronnés forment un langage visuel mouvant plutôt qu'un symbolisme figé. Le lézard, associé à la mue et à la régénération, cristallise la préoccupation centrale de l'artiste : survivre par le changement.
La précarité écologique et sociale affleure dans l'ensemble de l'œuvre, non comme illustration mais comme condition absorbée. Des mots comme Save the Earth émergent comme des rappels intégrés plutôt que comme des slogans, tandis que la palette — verts acides, céruléens, bruns terreux — affirme la vitalité face à la défaite. Les peintures de Bakaimo restent alertes, instables et vivantes — des lieux où l'identité se renégocie continuellement.
